À propos des Chantiers | Julien Guill

L’activité de création de la compagnie doit pouvoir répondre à la réalité de notre quotidien. Nos préoccupations artistiques doivent se faire l’écho de notre confrontation au monde. L’acte théâtral se doit d’être l’expression d’un point de vue sensible sur le monde. Il en devient alors un acte politique. Par son essence même. Certes sur la question du fond mais avant tout sur la question de la forme. Qu’est ce que l’on raconte, soit. Mais surtout comment on le raconte. L’idée étant, in fine, d’activer l'imaginaire du spectateur et de lui offrir des espaces de réflexion.
Pour être au plus près de notre réalité, nous avons lancé et lançons plusieurs «chantiers». Sans restrictions. Chacun a son propre temps de développement. Ces «chantiers» alimentent et vont alimenter nos réflexions sur les saisons à venir. Ils fondent finalement le quotidien de la compagnie. Ils sont des exercices en cours et, pris dans leur ensemble, ils racontent notre rapport au travail, notre rapport au théâtre et notre rapport au monde.

Chantier | L'Élimination de Rithy Panh et Christophe Bataille

Partie 1 | On peut détourner le regard d'après des témoignages de Rithy Panh

mise en scène Julien Guill | collaboration artistique Mathilde Tournyol du Clos
 | chorégraphie Jean-Sébastien Rampazzi ï interprétation Fanny Rudelle, Karina Pantaleo, Jean-Sébastien Rampazzi

/ note d’intention

Des «faits» ou des «impressions». «L'Élimination» est la parole d’un rescapé. Témoignage de Rithy Panh, cinéaste rescapé du processus d’extermination organisé par les Khmers rouges au Cambodge. Il alterne entre le combat, au présent, que mène un survivant par le biais du cinéma et les récits de sa survie trente ans plus tôt durant l’extermination de sa famille par un régime totalitaire. Rithy Panh a trouvé la force de se confronter aux responsables du génocide et de les questionner. Nous voulons rendre compte de cette démarche. Tout simplement pour que cette mémoire reste vive. Car elle nous concerne. Elle pose l’inextricable question des bourreaux. Certes il y a l’émotion qui nous saisit face à l’inconcevable mais il y a aussi, surtout, et c’est ce que montre Panh, des individus qui envisagent, pensent, mettent en place, et construisent un processus d’extermination. Il y a des responsables. Qui sont-ils? 
Rithy Panh ne cherche pas à résoudre cette question mais au contraire à la maintenir activement. Il nous interroge. Il invite à la vigilance.
Comme espace nous avons choisi la cuisine. La cuisine comme lieu du quotidien. Lieu à la fois de vie et de rite. Dans la préparation comme dans la consommation. Depuis cet espace (ou l’évocation de cette espace) les interprètes se laissent gagner par l’«Elimination». Ils travaillent sur cette relation qui se tisse entre la victime et son bourreau. L’atmosphère qui s’en détache. Ils l’interprètent. Il est question de solitude, d’absence, de manque, d’attente, d’évasion, de doute, de mensonge, de marche, de
course et de fuite. Et les trois corps et les trois voix des interprètes avec chacun leur expérience, leur pratique et leur singularité se mêlent et s’emparent du combat d'un survivant.

/ les résidences de création
2017 avril | Première résidence avec restitution publique | Quartier Gare (34)

/ production
la compagnie provisoire & compagnie Jean Sébastien Rampazzi | soutien Quartier Gare

Chantier | Molière, conférence

mise en scène Julien Guill | interprétation Sébastien Portier

/ note d’intention

Molière vient en conférence nous faire un état de son travail d'écriture. La question n’est pas de savoir si nous sommes face à Molière mais de percevoir l’atmosphère dans laquelle baigne un créateur. À partir d'un pacte simple avec le public : «on dirait que je serais Molière et que… etc, etc…», nous proposons une immersion dans le concret du travail d’un chef de troupe.
Je souhaite extraire Molière des lieux communs que véhicule sa méconnaissance, pour rendre toute la fraîcheur d’une pensée qui s’insurge et d’un théâtre en résistance. Le théâtre de Molière propose une critique acerbe et violente de ses contemporains. Il s’insurge. En croquant les différents codes régissant des castes, il dénonce l’effroyable pouvoir de l’hypocrisie.

/ les résidences
2016 mars | Laboratoire avec la «MECS Marie Caizergues» | Quartier Gare (34)
2013 juin | Première série de conférences Festival «Molière dans tous ses éclats» | Pézenas

/ production
la compagnie provisoire

Chantier | Dyptique Lemoine/Pichette

D'après «Les Épiphanies» d'Henri Pichette et «Atlantides» de Jean-René Lemoine

mise en scène Fanny Rudelle | création sonore Éric Guennou | interprétation Dominique Léandri, Fanny Rudelle, Julien Guill

/ note d’intention

La naissance d'un monde avec Pichette et l'engloutissement d'une autre avec Lemoine. Deux écritures contemporaines se repondent à travers la sensibilité de trois interprètes.

/ les résidences
2015 nov | Troisième résidence & restitution avec la cie Intime Camarade au Pot au Noir | Saint Paul Lès Monestier (38)
2014 mai | Lecture publique | Lucernaire Paris (75)
2014 nov | Deuxième résidence Plateforme Générator | Hth CDN de Monpellier
2013 juin | Première résidence avec la cie Intime Camarade | Collège Marcel Pagnol (34)

/ production
la compagnie provisoire & cie Intime Camarade