JULIEN GUILL – metteur en scène

à propos de la mise en scène

J’ai une formation d’acteur. J’ai découvert le travail de mise en scène de manière très concrète: d’un côté en menant des ateliers de pratique et de l’autre en créant diverses formes performatives. J’étais porté par mon désir de transmission du théâtre et par la nécessité de rencontrer du public — le plus de public possible. J’ai ensuite abordé le «métier» de metteur en scène avec une volonté de rupture. Je voulais casser les bases de ma formation d’acteur (conservatoire, école supérieure et dix ans de pratique). Je voulais rompre avec un certain classicisme. Pour ce faire, j’ai entamé la rédaction du «Manifeste pour un théâtre enragé». Cela m’a permis de libérer mon imaginaire et de m’extraire des contraintes imposées par le lieu même du théâtre: la salle de spectacle avec son cadre de scène et tout son bagage technique (projecteurs, pendrillons, etc). J’ai préféré le cadre dramaturgique. Qu’est ce qu’on raconte? Comment on le raconte? Ces questions sont déterminantes. Elles posent un cadre. L’acte théâtral est défini alors par l’exploration des relations entre l’interprète, ses partenaires, le texte, les espaces et le public. Je suis donc sorti des théâtres pour expérimenter différents dispositifs scéniques d’immersion.

Tous mes spectacles se font «d’après» une oeuvre. «D’après», car chacun passe par un travail de déconstruction. J’adapte les pièces, les romans, pour en garder ce que je considère en être l’«essence». Cette «essence» est le fruit des débats, des lectures et des expérimentations au plateau, menés avec l’équipe artistique. Tout en rognant l’oeuvre, nous tentons d’en préserver le contenu et le rapport au monde qu’elle déploie. Ce travail d’appropriation fait de l’oeuvre le réceptacle de nos préoccupations artistiques, politiques, sociétales et nous confère une grande liberté d’interprétation. Cette liberté rend la modernité des oeuvres classique et ancre le spectacle dans notre actualité. Ma seule contrainte est de tenir une ligne dramaturgique cohérente entre «le sens» et «la forme». De les traiter sur un même plan. Même si on la réduit et la bouscule, c’est l’oeuvre qui détermine la cohérence du processus de création. C’est l’oeuvre qui nous guide.

En tant que metteur en scène, je suis le garant de la bonne conduite du processus de création car il conditionne le spectacle: depuis l’intuition de base jusqu’aux premières représentations, en passant par la mobilisation de l’équipe, le montage de la production, l’organisation des répétitions, les contraintes techniques, l’adaptation du texte, le contenu des expérimentations, l’atmosphère de travail, les évidences et les doutes. La représentation est, non pas l’aboutissement, mais le «reflet» du processus de création. Elle nourrit et se nourrit de ce processus. L’oeuvre traverse et agite l’imaginaire des artistes qui vont à leur tour traverser et agiter l’imaginaire du public. Tout cette agitation se retrouve dans un espace ténu, fragile, imprévisible, qu’il faut préserver. En cela, chaque spectacle invente finalement son processus de création et impose son temps de gestation. Il peut émerger en six ou sept mois ou après plusieurs années, c’est selon. Mon travail consiste à rester attentif à ce temps de gestation: à être attentif au «bon moment».

Les mises en scène

LA COMPAGNIE PROVISOIRE | 2007-2022
« Demain la mer » d’après David Léon
« À table » d’après Feydeau
« Le Roi Lear [chronique] » d’après Shakespeare
« L’Élimination » d’après Rithy Panh et Christophe Bataille
« Amphitryon » d’après Molière

« Comédies & Conférences » d’après Molière
« Les pièces vénitiennes [le procès] » d’après Shakespeare
« Assemblée et ses formes brèves » d’après Victor Hugo
« J’ai torturé » d’après des témoignages de tortionnaires
« L’Ogrelet » d’après Suzanne Lebeau
« Ce soir on improvise » d’après Pirandello
« Médée [restitution] » d’après Euripide
« Impromptu » d’après Molière
« Macbeth [aspects] » d’après Shakespeare
« Diktat » d’Enzo Cormann
« Minetti » de Thomas Bernhard
« Le nuage en pantalon » de Maïakovski

LA COMPAGNIE ATHOME | 2019-2021
« Le Dragon » d’après Schwartz
« La Servante amoureuse » d’après Goldoni

LA COMPAGNIE CROZADA D’UEI | 2011
« Crozada d’Uei » d’après Hutchinson

La transmission

UNIVERSITÉ MONTPELLIER  III | 2016-2021
Master Création et Licence – Chargé de cours sur le projet mené par Laurent Berger
Master Création – Membre du jury

LA BULLE BLEUE | 2015 et 2020
« Shakespeare et autres textes » – exploration avec les comédien(ne)s de la formation professionnelle

MISES EN SCÈNE À LA MAISON THÉÂTRE | 2012-2020
« Le pouvoir » d’après Shakespeare
« Antigone » d’après Cocteau
« Le Repas » d’après Novarina
« Expérimemtum Periculusum » d’après Molière

« Deux secondes de trop » d’après Rachel Joyce
« Tchekhov inachevé » d’après Tchekhov
« L’Exception et la règle » d’après Brecht
« Des Songes » d’après Shakespeare

MISES EN SCÈNE EN MILIEU SCOLAIRE | 2008-2018
« C’est là qu’un jour je jouerai Antigone » d’après F. du Chaxel
« Exercices de style » d’après Queneau
« Gavroche » d’après Hugo
« Corniche Kennedy » d’après Maylis de Kerangal
« On va marcher sur vos villes » d’après Xavier Durringer
« Théâtre des souvenirs » d’après les témoignages des familles des élèves
« Roméo et Juliette » d’après Shakespeare
« Alice pour le Moment [théâtre et cinéma] » de Levey
« Bleu, Blanc, Gris » de Smadja
« Chroniques » d’après Durringer
« Montage dramatique et absurde » d’après Ribes & Ionesco

MISES EN SCÈNE EN FOYER D’ACCUEIL | 2015-2017
« Je t’écoute! » écriture originale
« Molière! » écriture originale
« No différence » écriture originale
« Mon Cinéma » écriture originale

La formation

STAGES
Jean-Claude Fall, Macial Di Fonzo Bo, Ali Ihsan Kaleci & Tapa Sudana

FORMATION | 1994-97
Comédie de Saint-Étienne
sous la direction de Prosper Diss et Daniel Benoin
C.N.R. de Montpellier
sous la direction de Michel Touraille