LA COMPAGNIE PROVISOIRE

La Compagnie Provisoire : Treize ans de «théâtre enragé», c’est à dire d’un théâtre sans filet. Il y a les interprètes, le public et le texte. C’est tout. On joue, on parle, on se donne. On croit même faire du théâtre. Et finalement on s’aperçoit que «Le Théâtre» n’existe pas. Il y a des gens. Seulement des gens. Il y a des êtres. Il y a une grande aventure humaine. Les artistes «parlent», le public «écoute». Et, au fond, c’est la même chose. On échange.

Et puis il y a ce que l’on raconte. C’est une responsabilité. Il faut rendre compte du monde, des injustices, des violences, de la solitude. Il faut en parler. Il faut conjurer tout ça. Pour le faire, on s’empare des histoires des autres. On les transmet. On en conserve seulement ce qui nous semble en être l’essentiel. Le reste on le coupe. On fait des choix. Car le temps nous manque.

On peut jouer partout. Dans des théâtres mais pas seulement. Car on voudrait atteindre le plus de monde possible.

Investir des espaces, des théâtres, des territoires. Et les occuper. Et rencontrer les publics. Le théâtre est une affaire de relation. L’acte théâtral ne connait pas de limites. Au contraire. On brise les carcans et de décloisonne les pratiques. Au delà des formes qu’on choisit — en salle de spectacle, en lieu non dédié, en extérieur ou en rue; au delà des objectifs qu’on se donne — pour des adultes, des ados ou du jeune public; au delà de la matière dont on s’empare — pièce, roman, récit ou témoignage; notre «théâtre enragé» tente de rendre compte de tous celles et ceux qui, envers et contre tout, cherchent à échapper au cadre dans lequel on voudrait les enfermer, pour «devenir».