LA COMPAGNIE PROVISOIRE

La Compagnie Provisoire c’est quatorze ans de «théâtre enragé», c’est à dire d’un théâtre sans filet. Il y a les interprètes, le public et le texte. C’est tout. On joue, on parle, on se donne. On croit même faire du théâtre. Et finalement on s’aperçoit que «Le Théâtre» n’existe pas. Il y a des gens. Seulement des gens. Il y a des êtres. Il y a une grande aventure humaine. Les artistes «parlent», le public «écoute». Et, au fond, c’est la même chose. On échange.

Puis il y a ce que l’on raconte. C’est une responsabilité. Il faut rendre compte du monde, des injustices, des violences, de la solitude. Il faut en parler. Il faut conjurer tout ça. Pour le faire, on s’empare des histoires des autres. On les transmet. On en conserve seulement ce qui nous semble en être l’essentiel. Le reste on le coupe. On fait des choix. Car le temps nous manque.

On peut jouer partout. Dans des théâtres mais pas seulement. Car on voudrait atteindre le plus de monde possible.

On investit des espaces, des théâtres, des territoires. On les occupe. Et on rencontre les publics. Le théâtre est une affaire de relation. L’acte théâtral ne connait pas de limites. Au contraire. On brise les carcans et décloisonne les pratiques.

Au delà des formes que l’on choisit — en salle de spectacle, en lieu non dédié, en extérieur ou en rue; au delà des objectifs qu’on se donne — pour des adultes, des ados ou du jeune public; au delà de la matière dont on s’empare — pièce, roman, récit ou témoignage; notre «théâtre enragé» tente de rendre compte de tous celles et ceux qui, envers et contre tout, cherchent à échapper au cadre dans lequel on voudrait les enfermer, pour «devenir».