LA COMPAGNIE PROVISOIRE

À travers notre pratique, nous nous sommes donné.es pour but de dresser un état des lieux de la violence.

Nous traitons des violences familiales, conjugales, sentimentales, morales, professionnelles, religieuses, sociales et politiques.

Ce traitement s’organise en six cycles. Cela nous permet d’élargir nos champs de recherche et d’éviter l’enfermement dans une seule direction. Ces cycles ont leur propre temps de gestation et de déploiement. Ils se structurent en fonction de l’actualité.  Il y a le cycle des Témoignages, le cycle Shakespeare, le cycle des Comédies, le cycle Hugo, le cycle des Poètes et le cycle Jeune Public.

Depuis quinze ans, nous développons notre «théâtre enragé», c’est-à-dire d’un théâtre épuré, sans filet et désencombré de toute machinerie. Au-delà des formes que nous choisissons, au-delà des objectifs que nous nous donnons, au-delà de la matière dont nous nous emparons, notre «théâtre enragé» tente de rendre compte de toutes celles et ceux qui, envers et contre tout, cherchent à se libérer de tout déterminisme et se distinguent par leur singularité.

Il y a les interprètes, le public et le texte. C’est tout. Il y a des êtres. Seulement des êtres. Il y a une grande aventure humaine. Les artistes «parlent», le public «écoute». Et, au fond, c’est la même chose. On échange.

Puis il y a ce que l’on raconte. C’est une responsabilité. Il faut traiter du monde, des injustices, des violences, de la solitude. Il faut en parler. Il faut conjurer tout ça. Pour le faire, nous nous emparons des histoires des autres. Nous les transmettons. Nous en conservons seulement ce qui nous semble en être l’essentiel. Le reste on le coupe.

On peut jouer partout. Dans des théâtres mais pas seulement. Car nous voulons atteindre le plus de monde possible. Nous investissons des espaces, des théâtres, des territoires. On les occupe. Et nous rencontrons les publics. Le théâtre est une affaire de relation. L’acte théâtral ne connaît pas de limites. Au contraire. Nous souhaitons briser les carcans et décloisonner les pratiques.