Le Roi Lear [chronique]

D'après Shakespeare

Nous observons une famille. Depuis l’annonce d’un héritage jusqu’à la mort de tous ses membres. C’est un drame. Un homme s’approche de la mort. Et, sans vraiment le réaliser, il va précipiter sa chute. Une fois qu’il aura tout perdu, il redécouvrira un peu de son humanité.
Il y a seulement un choeur à quatre voix: deux femmes et deux hommes. Et les femmes porteront la figure des pères. Il n’ y a plus d’identification possible. Seule l’émotion demeure. Les interprètes ont entre 30 et 50 ans. Ils sont dans un passage. Ils regardent grandir leurs enfants et partir leurs pères. Et ils continuent de construire un monde qui pourtant leur échappe.
Tout nous rappelle que nous sommes au théâtre. Avec tous ses artifices. Nous sommes dans un salle de spectacle. Nous sommes aux prises avec le temps singulier du théâtre. Nous entrons dans le récit comme l’on entre dans une maison accueillante, comme l’on entre dans un théâtre: En confiance! Et puis les problèmes surgissent. Multiples. Ils se bousculent. Il est question de vieillesse, de mort, de deuil, d’héritage, de pouvoir, de transmission, d’intégrité, de jalousie, de légitimité et surtout d’amour filial.
Ils sont seulement quatre. Et pourtant, c’est tout le théâtre qui est envahi par cette troupe. C’est tout le théâtre qui plonge dans la tempête. C’est tout le théâtre qui est perdu. C’est tout le théâtre qui va retrouver de son humanité. C’est tout le théâtre qui est devenu Lear. Et personne n’en ressort indemne.
Shakespeare n’explique rien. «Rien ne peut venir de rien» dit Lear au début de la pièce. Et c’est de ce rien que va naître tout le théâtre.

Dates

2020
Mardi 28 janvier | Kiasma (34)
Mercredi 29 janvier | Chai du Terral  (34)
Jeudi 30 janvier | Théâtre Jean Vilar (34)
Vendredi 31 janvier | Théâtre Jean Claude Carrière, Domaine d’O (34)
Samedi 1er février | La Bulle Bleue (34)
Dimanche 2 février |Théâtre Jacques Coeur (34)
Samedi 8 février | Alenya (66)
Mardi 10 au Vendredi 13 mars | L’empreinte – Scène Nationale (19)
Dimanche 29 mars | Théâtre le Grand Rond (31)
Lundi 30 mars | Théâtre le Grand Rond (31)
Mardi 31 mars | Théâtre Sorano (31)
Jeudi 2 avril | Théâtre des Mazades (31)
Vendredi 3 avril | Théâtre Jules Julien (31)
Novembre | Pot Au Noir (38)

Distribution

adaptation & mise en scène Julien Guill
créations sonore et lumière Olivier Privat
interprétation Dominique Léandri, Fanny Rudelle, Camille Daloz et Sébastien Portier

production la compagnie provisoire
coproduction Ville d’Alenya (66), Théâtre Jean Vilar (34), Kiasma-Agora (34), Chai du Terral (34), Collectif En Jeux-Occitanie en scène
subvention DRAC Occitanie, Région Occitanie
soutien SPEDIDAM, Théâtre Jacques Coeur (34), Domaine d’O (34), Théâtre Sorano (31), Théâtre de Prémol (38), Pot au Noir-Scène Ressource en Isère (38), Quartier Gare-Lieu de fabrique et de création (34)